XIX. LE NATIONAL

Ce que nous attaquons dans la douane, ce n’est pas la pensée fiscale, mais la pensée féodale.

Frédéric Bastiat
Œuvres Complètes, tome II, pages 104 à 110
18 avril 1847

C’est en réponse au journal Le National que Frédéric Bastiat explique la différence fondamentale qui existe entre l’octroi et les droits de douane. En effet, Le National proposait alors à l’Association pour le Libre-Echange de la soutenir dans ses revendications contre les droits de douane en échange d’un soutien pour la suppression de l’octroi. Ce type de chantage (les hommes politiques appellent cela un échange de bons procédés) était absolument insupportable à Frédéric Bastiat qui, s’il était favorable à une révision de l’octroi, refusait de poser des conditions à sa propre bataille qu’il croyait juste, celle du libre-échange.

L’octroi pouvait effectivement paraître de prime abord semblable aux droits de douane: il s’agit d’une taxe prélevée à l’entrée de certains biens dans une ville, ce qui ressemble fort à une taxe prélevée à l’entrée de certains biens dans un pays. Cependant, il explique ici comme il l’avait fait le 3 janvier 1847 la différence entre un droit fiscal qui vise à financer les besoins du gouvernement et un droit protecteur qui vise à limiter ou supprimer l’échange même du bien soumis à l’impôt en créant un privilège pour les producteurs domestiques.

Une fois de plus, on voit que le combat libéral n’est pas la suppression de l’impôt en soi mais la suppression des privilèges et iniquités qu’il produit. Si le libéralisme est bénéfique aux riches, ce n’est pas en créant des privilèges mais en les supprimant et par là, est bénéfique à tous, y compris les riches.

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