Comment l’industrie pourra-t-elle reprendre, quand il est admis en principe que le domaine des décrets est illimité?
Frédéric Bastiat
Œuvres Complètes, tome VII, pages 381 à 382
12 avril 1848
Dans cette lettre, Frédéric Bastiat s’étonne de ne pas trouver d’informations sur l’élection à venir à l’Assemblée Constituante d’Horace Say. De fait, ce dernier n’y sera pas élu. Il mentionne également en post-scriptum que lui-même vient d’être élu la veille avec un soutien important (probablement le 12 avril, donc).
La citation d’aujourd’hui s’inscrit dans le cadre de l’époque et de la mise en place des Ateliers Nationaux. Il ajoute que ce qui l’inquiète, c’est que “chaque minute, un décret sur les salaires, sur les heures de travail, sur le prix des choses, etc. peut déranger toutes les combinaisons” (on notera que ça ressemble fort à l’action de Donald Trump avec les droits de douane depuis deux mois!). Ce qui est important dans cette citation, c’est que Frédéric Bastiat avait compris que l’objectif de la constitution est non seulement de préciser quelles sont les institutions responsables de tel ou tel pouvoir (législatif, exécutif, judiciaire) mais aussi de limiter ces pouvoirs pour ne pas tomber dans la dictature de la majorité. Non, il ne suffit pas qu’une majorité des français (quand bien même il serait possible de la mesurer) soit favorable à une loi pour que cette loi soit légitime.