XXXVII. LA TAXE UNIQUE EN ANGLETERRE

Il y a, en définitive, plus de biens que de maux à attendre de substituer ce qui est juste à ce qui ne l’est pas.

Frédéric Bastiat
Œuvres Complètes, tome II, pages 209 à 216
27 juin 1847

Les discussions à Westminster à propos de la mise en place d’un impôt unique sur le capital est l’occasion pour Frédéric Bastiat de discuter de la doctrine fiscale (qu’il considère déjà inexistante en France, si je comprends bien – de nos jours, elle consiste à taxer tout ce qu’il est possible de taxer sans créer une révolution). On entrevoit son souhait de voir une simplification de l’impôt (ce que serait une taxe unique, il n’a malheureusement pas été entendu en France) mais l’argument porte essentiellement sur la différence entre les impôts directs (impôt sur le revenu par exemple) et les impôts indirects (taxe sur la valeur ajoutée par exemple). Alors qu’ils étaient beaucoup moins nombreux et élevés que de nos jours, il avait déjà identifié les avantages des uns et les inconvénients des autres. La qualité principale qu’il voit dans l’impôt direct est qu’il est douloureux et que, par conséquent, il tend à favoriser la maîtrise des dépenses. La qualité principale de l’impôt indirect aux yeux du gouvernement est l’exact opposé: il est possible de le rendre indolore par sa faiblesse initiale et de l’augmenter progressivement sans que la population ne s’en rende compte; c’est sournois!

Cette analyse est aussi l’occasion pour Frédéric Bastiat de constater que le parlement anglais vise à agir sur des principes (plutôt qu’au petit bonheur la chance et au gré des lobbies) et qu’une fois ces principes acceptés, l’action politique y est plus prompte et plus radicale que dans les autres pays. C’est notamment ce qui a permis l’abolition des lois-céréales et fait l’objet de la citation d’aujourd’hui: une fois qu’une erreur est admise, mieux vaut la corriger promptement que ménager ceux qui en profitent au détriment de ceux qui en souffrent.

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