X. L’ECHELLE MOBILE ET SES EFFETS

L’intervention de la loi, dans la fixation du prix du blé, est fallacieuse, funeste à tous les intérêts, et principalement à celui qu’elle prétend servir.

Frédéric Bastiat
Œuvres Complètes, tome II, pages 48 à 57
1er mai 1847

Quatre mois après avoir exposé rapidement les travers de l’échelle mobile, Frédéric Bastiat revient sur le sujet avec beaucoup plus de détails. Son objectif est d’en décrire les effets. Après avoir constaté que le Royaume-Uni avait adopté en 1815 le même mécanisme qui était en place en France en 1847  (la différence n’étant alors que de degré), ce sont ces données qu’il utilise pour deux raisons: la qualité des données y est meilleure et la réaction après 30 ans d’une politique catastrophique a été de l’abolir et de mettre en place un régime de libre-échange.

Dans cet article y sont décrites les conséquences non intentionnelles de la “protection” au travers de l’échelle mobile qui tentait de garantir un prix aux producteurs de blé. La première qui est la plus drôle est qu’elle n’a rien garanti du tout et que les producteurs anglais se sont vus contraints de vendre tout leur blé sans que les étrangers n’y perdent un sous quand les prix étaient bas tandis que lorsque les prix étaient élevés, les producteurs étrangers ont engrangé des profits extraordinaires sans que les producteurs anglais n’y gagnent rien, leur production étant alors trop faible pour être profitable.

La conséquence la plus grave a été la mauvaise allocation de capitaux, étouffant l’industrie quand les agriculteurs espéraient des prix élevés par décret et créant l’effet inverse de gaspillage des capitaux par les industriels lorsque les investissements malencontreux avaient conduit à la formation de prix de marché au-dessous des coûts de production. Frédéric Bastiat décrit trois cycles de prix hauts et bas et les différentes crises (agricole, industrielle, commerciale, monétaire,…) qu’ils ont engendré.

Il est bon de noter que ce type de conséquences non intentionnelles peuvent être observées à chaque fois qu’un gouvernement décide de fixer un ou des prix par décret plutôt que laisser le marché libre permettre de découvrir le prix réel des choses. Elles sont parfois juste une source d’inefficacité plus ou moins indolore mais souvent tout aussi dramatiques que ce que décrivait Frédéric Bastiat il y a 175 ans!

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