Je ne crois pas qu’il puisse s’élever de plus forte présomption contre un candidat que son empressement à quêter des suffrages.
Frédéric Bastiat
Œuvres Complètes, tome VII, pages 271 à 280
Non daté
Les cent-soixante dernières pages des Œuvres Complètes sont des ébauches de textes non publiés et plus ou moins complets. Cette première ébauche visait à dénoncer une dizaine de sophismes électoraux dont trois ont été développés, descriptions d’erreurs classiques dans la motivation d’un vote. On y voit poindre la problématique qui sera théorisée par l’école du Choix Public qui montre que les élus ne sont pas des demi dieux mais bien des hommes, sujets à toutes les bassesses des hommes et non pas seulement à l’altruisme dont ils se gargarisent en général.
Parmi les mauvaises raisons qu’il peut y avoir à accorder un suffrage à un candidat, on retrouve sous diverses formes le lien plus ou moins personnel que ces derniers tentent de nouer avec les électeurs. S’il est malheureusement utopique de penser qu’il est possible d’élire quelqu’un qui n’aurait pas été candidat et n’aurait pas tenté d’affirmer son désir d’être élu, il est important de garder en tête la citation d’aujourd’hui. Le fait même d’être candidat à une élection devrait conduire à ce que l’électeur se méfie de l’homme politique qui réclame son suffrage, la flopée de psychopathes que l’on retrouve dans les instances politiques en constitue la preuve.